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Chères consœurs, Chers confrères,
L’Assemblée nationale a adopté aujourd’hui le projet de loi 19, qui modifie de façon substantielle la loi 25 (projet de loi 2 à l’origine), et surtout, qui met en place les mesures législatives prévues à l’entente de principe que vous avez acceptée en décembre dernier.
Ce moment mérite d’être souligné.
Au cours de la dernière année, et particulièrement dans les derniers mois, les médecins de famille se sont exprimés avec clarté et fermeté. Non pas pour défendre un privilège. Non pas pour résister au changement. Mais pour rappeler une chose essentielle : la médecine de famille doit demeurer au service des patients, dans le respect de la réalité clinique et de la relation thérapeutique.
Vous vous êtes tenus debout. Vous avez aussi fait preuve d’ouverture en acceptant une évolution importante du mode de rémunération des médecins de famille, dont 50 % sera désormais à capitation. Cette transformation est significative.
Vous avez défendu une pratique fondée sur la continuité, la longitudinalité, le travail d’équipe et la responsabilité professionnelle. Vous avez exprimé clairement qu’une réforme durable de la première ligne devait se faire en collaboration avec les médecins, et non sans eux.
La modification adoptée aujourd’hui ne règle pas tout. Elle ne met pas fin aux défis auxquels nous faisons face, notamment la pénurie persistante de médecins de famille et le nombre encore trop élevé de Québécois sans médecin de famille. Mais elle rétablit un équilibre essentiel : celui d’une première ligne organisée dans un esprit de collaboration.
Elle permet de poursuivre l’inscription des patients — notamment les plus vulnérables — dans un cadre cohérent avec l’Entente 2023-2028 que vous avez avalisée.
Ce résultat est le fruit d’un engagement collectif. Il repose sur votre crédibilité, votre mobilisation et votre sens du devoir envers la population québécoise.
Nous entrons maintenant dans une phase déterminante : celle de la mise en œuvre de l’Entente. Modéliser un nouveau mode de rémunération est un exercice complexe. Nous l’abordons avec des bases plus solides, des données et un cadre plus respectueux de notre pratique et de nos patients.
Aujourd’hui, nous pouvons être fiers.
Fiers d’avoir porté la voix de la première ligne avec dignité.
Fiers d’avoir défendu nos patients.
Fiers d’avoir agi en médecins de famille.
À chacune et chacun d’entre vous, je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance. Ce fut un honneur de vous représenter dans cette période exigeante, et de continuer à le faire pour les étapes importantes qui nous attendent.
Bien solidairement,
Dr Marc-André Amyot Président-directeur général
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