Quand l’innovation vient du terrain : un GMF pensé par des médecins de famille pour les patients

De gauche à droite:
Dr Simon-Pierre Landry, Dre Lyne Couture,
Dr Marc-André Amyot et Dr Charles-Matthieu Grégoire

Dans le cadre de ses visites sur le terrain, le président de la FMOQ, le Dr Marc-André Amyot, poursuit un objectif clair : aller à la rencontre des médecins de famille, échanger avec eux sur les enjeux de l’heure, mieux comprendre les réalités et mettre en lumière les solutions concrètes qui émergent directement des milieux de pratique, car, on le sait, les innovations les plus efficaces naissent le plus souvent là où les besoins sont vécus au quotidien : dans les cliniques, au plus près des patients. 

C’est dans cet esprit que le président de la FMOQ a visité la clinique médicale Mères & Monde – en compagnie de la présidente de l’AMOLL et deuxième vice-présidente de la FMOQ, la Dre Lyne Couture – un GMF de Prévost, dans les Laurentides. Ce milieu de soins, inauguré à la fin de 2024, est issu de la vision de médecins de famille qui ont voulu repenser l’organisation des soins de première ligne pour mieux servir la population tout en offrant un milieu de pratique intéressant et agréable aux médecins de famille et à leur équipe de soins.  

Parmi eux, les Drs Simon-Pierre Landry et Charles-Matthieu Grégoire, deux des cinq médecins fondateurs de la clinique, ont contribué à bâtir un modèle clinique pensé d’abord pour faciliter le travail des équipes et améliorer concrètement l’accès aux soins pour les patients. Le Dr Simon-Pierre Landry agit aujourd’hui comme médecin responsable du GMF et s’implique activement dans le développement de la nouvelle mini-urgence de la clinique. 

Dès les premières minutes de la visite, un élément frappe l’équipe de la FMOQ : l’ambiance. Médecins de famille, infirmières auxiliaires et personnel administratif semblaient profondément engagés… et heureux d’y travailler. Le secret de cette dynamique de travail se trouve dans une organisation solide réunissant une équipe composée de 23 médecins de famille, 3 infirmières praticiennes spécialisées (IPS), 4 infirmières cliniciennes, 7 infirmières auxiliaires, 1 travailleur social, 1 pharmacienne et 8 membres du personnel administratif. Chaque rôle y est défini avec précision afin d’optimiser le travail clinique et administratif, et permettre ainsi de voir plus de patients tout en maintenant la qualité des services. 

La clinique se distingue notamment par une approche qui va au-delà du modèle traditionnel du cabinet médical.  

On y retrouve un véritable plateau technique adapté à la première ligne : une mini-urgence, une clinique de rendez-vous rapides et l’accès à certains services spécialisés, notamment en pédiatrie et en dermatologie. Ce fonctionnement, plus complet qu’un cabinet « classique », mais moins spécialisé qu’une urgence hospitalière — permet d’offrir une réponse efficace et adaptée aux besoins des patients. 

Le fonctionnement de la clinique Mères & Monde repose également sur une collaboration étroite entre les médecins de famille et le personnel infirmier, notamment les infirmières auxiliaires, qui jouent un rôle central dans la dispensation des soins. La clinique assure une gamme complète de services de première ligne, incluant la pédiatrie, le suivi de grossesse, la médecine générale, la petite chirurgie cutanée et la clinique d’urgence. Chaque professionnel y contribue par son expertise, favorisant un modèle de prise en charge collective visant à assurer l’ensemble des soins de première ligne. 

Pour la FMOQ, cette visite confirme une conviction importante : plusieurs des solutions aux défis actuels en première ligne existent déjà sur le terrain, il suffit de s’y intéresser, sans pour autant chercher de solutions mur-à-mur. Des médecins innovent, créent et adaptent leurs pratiques pour mieux servir la population dont ils prennent la responsabilité. Il faut en parler. 

Mettre en lumière des initiatives comme celle du GMF-A de Prévost permet non seulement de reconnaître et souligner ces bons coups, mais possiblement d’inspirer d’autres milieux à développer des modèles qui améliorent concrètement l’accès aux soins pour la population.