Plusieurs d'entre vous nous ont demandé ce que nous pensions des récentes déclarations et publications de l'ancien ministre de la Santé, Christian Dubé, ou si la FMOQ avait l’intention de répondre à ses propos par la voix des médias.
Soyons honnêtes : après ce que les médecins de famille ont vécu au cours de la dernière année, personne ne peut être surpris que ces propos suscitent des réactions, parfois vives.
Nous aurions pu choisir de replonger dans les débats du passé, oui. Mais au risque de sonner comme un slogan préélectoral, nous avons plutôt choisi de regarder vers l'avenir.
À quelques mois des élections, notre responsabilité est moins de revenir sur une période qui a profondément ébranlé les relations entre le gouvernement du Québec et les médecins de famille que de faire entendre les enjeux qui détermineront l'avenir de la santé en première ligne et donc, de notre profession.
Il manque aujourd'hui plus de 2000 médecins de famille au Québec. Une pénurie que l'ancien ministre de la Santé s'est toujours refusé à reconnaître, mais que la Commissaire à la Santé et au Bien-Être reconnaît pourtant dans ses documents officiels. Soulignons aussi que, cette année, 100 postes de résidence en médecine de famille sont demeurés vacants, selon les résultats du CaRMS. Un record. Voilà les véritables questions auxquelles devront répondre les prochains élus. Et c’est d’ailleurs pourquoi le Conseil des 150 délégués de la FMOQ a adopté une résolution à cet égard en mai dernier, afin que tous les partis politiques aspirant à gouverner le Québec tiennent compte de la pénurie de médecins de famille dans leurs engagements électoraux en santé. Pour nos patients, pour nos collègues et pour la relève, c'est sur ces enjeux-là que nous devons concentrer nos efforts... et nos énergies.
Nos énergies, au cours des prochains mois, seront donc consacrées à cela : soutenir les médecins de famille qui sont déjà en pratique, défendre les conditions nécessaires pour attirer davantage de futurs médecins de famille et, surtout, améliorer durablement l'accès aux soins pour la population. Pour les millions de Québécois qui ont déjà un médecin de famille, oui, mais aussi pour ceux qui attendent toujours d'en avoir un.
Nous avons la responsabilité collective de faire la démonstration que les changements négociés au cours des derniers mois peuvent réellement contribuer, dans le temps, à améliorer l'accès aux soins et à renforcer la médecine de famille au Québec.
Ne lâchons pas l'objectif. Ne lâchons pas la balle des yeux. C'est maintenant que se joue l'avenir de la médecine de famille au Québec, et celui de la santé de la population.